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Les soins du corps

SE TORCHER LE CUL   (Tiré du site des Roziers )

"Si l'origine des torche-culs se perd dans la nuit des temps, on connaît malgré tout les pratiques de la plupart des peuples de l'antiquité.
Les premiers Grecs s'essuient rarement et quand il le faut, c'est avec les doigts ou avec des cailloux.Aristophane en précise le nombre:"Trois pierres peuvent suffire pour se torcher le cul si elles sont raboteuses. Polies, il en faut quatre." Il dit aussi que les riches se servent couramment de poireaux.Mais le plus courant reste les vêtements que l'on porte(...)
L'historien Salluste au 1er siècle avant J.C nous dit qu'on ignore depuis longtemps à Rome l'usage des torche-culs,et il voit dans le retour de cet usage une preuve de dégénérescence. A la même époque, le poète satirique Catulle précise que dans la classe patricienne, il semblerait qu'on ce serve déjà de serviettes de tissu(...)
A la fin du 1er siècle,selon Martial, on adopte la laine pour cet usage, et il devient courant de la parfumer(...)

Au Moyen Âge, on note l'apparition d'un bâton courbe dont on achève le "travail" avec une poignée de foin, de feuille ou de terre(...)
Au Xeme siècle, l'emploi des torche-culs a gagné une partie de la population, notamment certains ordres monastiques. On lit dans les Annales bénédictines de 996:"Les religieux de l'ordre de St Benoit ne peuvent plus s'en passer(...).Ils vivent et voyagent avec un précieux nécessaire appelé anitergia."Torche-cul que l'on retrouve au XIem siècle dans le "nécessaire des frères" comme nous le précise Mabillon dans "la vie de Léon abbé de Nonontula.

Dans les siècles qui suivent, l'usage des torche-culs, si répandu soit-il, n'est pas le fait du plus grand nombre.Un auteur du XIIeme siecle éctit:" Nous voyons des gens élevés avec soin et versés dans les sciences et répandus dans le monde, en qui néanmoins la nature laisse encore éclater un goût décidé pour la merde. Qui ont ce goût pour la merde si puissant qu'ils ne sont jamais sans en porter un peu avec eux. Non pas, va s'en dire, dans des vases mais du moins après la chemise et dans les vêtements."

Au XIVeme siècle, le papier est rare, cher et épais et on est encore loin de s'en servir pour s'essuyer le derrière.
Un extrait des comptes de dépenses de Charles VI datant de 1398, nous fixe sur ce point délicat. On y lit qu'on a acheté pour les augustes fesses du duc de Berry "du coton et quatre livres d'étoupe".Celle-ci, partie la plus grossière de la filasse, et ordinairement issue du chanvre ou du lin. Chacun a ses préférences mais en général, dans les demeures des riches et des grands, on penche pour le lin. C'est le cas du roi lui-même qui "n'acquiert pour son usage particulier que d'estoupes de lin".
Le petit peuple, lui et encore pour longtemps, reste fidèle au culte de la nature qui pourvoit à ses besoins. la chose est possible, au moins durant l'été, et l'on se transmet de génération en génération des refrains qui subliment l'emploi des feuilles de marronnier comme torche-cul. Mais l'hiver comment font les pauvres gens ? Selon la formule du temps, "ils sortent souvent chemises dorées".

Au XVeme siècle, une certaine égalité commence à naître dans le domaine du torche-cul entre nobles et roturiers fortunés.L'usage du papier se répand peu à peu partout, en partie lié à l'accroissement du nombre des clercs et des copistes. François Villon témoigne d'une estime particulière pour le papier et ne semble pas envisager que l'on puisse se servir d'autre chose."

Extraits de "Histoire et bizarreries sociales des excréments"
Auteur Martin Monestier
latrine