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Méthode de fabrication d'une pointe de carreau


Extrait de l'ouvrage " ARMES DU DIABLE, arcs et arbalètes au moyen âge " de Valérie Serdon ed. Presses Universitaires de Rennes. 2005.

" La réalisation du carreau d'arbalète met en œuvre des techniques simples. Maïs, en réalité, bien peu de données archéologiques existent. J'ai dû m'appuyer, pour cette enquête, sur l'étude des matériaux et les principes de fabrication par l'examen direct des projectiles et établir des comparaisons avec des exemplaires mis au jour sur des sites étrangers.


LES POINTES EN FER
Une meilleure connaissance passe par l'étude archéologique, complétée par l'observation paléométallurgique et la pratique expérimentale.
A partir d'un lingot de fer, destiné à faire une ou plusieurs pointes, une extrémité est aplatie en une feuille mince, alors que l'autre partie est formée en une pointe plus ou moins élancée. Puis, la partie amincie est enroulée sur elle-même, les deux extrémités se recouvrant en forme de cornet, vraisemblablement sur un gabarit à la dimension de la hampe. La pointe est, dans une dernière phase, affûtée à la lime.
La fouille d'une habitation médiévale polonaise en 1973, à Sloszwy (province de Brodnica}, qui appartenait vraisemblablement à un fabricant de projectiles, apporte des compléments d'informations relatives à la fabrication du carreau d'arbalète en fer. L'ensemble mis au jour est composé de 784 traits, répartis entre des modèles à montures à soie et d'autres à douille (figure 54).
Les niveaux de destruction sont datés par les archéologues de 1414, période d'affrontement entre les Polonais et l'Ordre teutonique. À côté des carreaux terminés, près à être emmanchés, les
fouilleurs ont découvert des lingots de fer de 90 mm de longueur et de 10 mm de largeur, de section polygonale. Par expérimentation, les chercheurs Andrzej Kola et Gérard Wilke ont pu restituer le procédé de fabrication et en déduire que deux carreaux étaient forgés dans le même lingot1. En effet, un exemplaire de cette barre de métal découverte a été battue aux deux extrémités jusqu'à obtenir deux feuilles minces, dispositifs destinés à former la douille tout en réservant le centre de la pièce pour forger les deux pointes. Dans une troisième phase, le milieu de la pièce est scindée en deux parties, afin de terminer les pointes, et les feuilles amincies sont enroulées pour former les douilles, vraisemblablement sur un gabarit. La finition de la pointe consistait en un limage ou un meulage. Comme je l'ai souligné, la trempe n'est pas systématique. Cette pointe était parfois ajustée à chaud sur la hampe.
La forge médiévale reste mal connue et les seules données relatives à cet aspect du travail du métal proviennent de la fouille et de l'iconographie.
"

méthode de fabrication d'une pointe de carreau